Le square Emile-Chautemps (3ème arrondissement)

Toutes les rues par arrondissement :                                                               



 
L'entrée se trouve 93bis, boulevard de Sébastopol.

Anciennement le square des Arts-et-Métiers, créé en 1858, renommé par la suite en l'honneur d' Émile Chautemps (Valleiry, le 2 mai 1850 - Paris, le 10 décembre 1918), docteur en médecine, député, sénateur, puis ministre. Le square s'étend sur 4 069 m².

Ce fut le premier square de Paris dessiné à la française, selon la volonté de Napoléon III. Admirez les belles allées régulières, les fontaines inspirées de celles de Versailles et les statues qui évoquent quelques matières enseignées au Conservatoire national des Arts et Métiers, situé en face.

 


square Emile-Chautemps - agrandir le plan

 

square Emile-Chautemps | Paris 3e
 
Un décret impérial, daté du 29 septembre 1854 et relatif au boulevard de Sébastopol et à ses abords, prescrivit l'ouverture d'une large rue en face de la nouvelle entrée du Conservatoire des Arts et Métiers. Cette voie devait traverser de part en part deux îlots de vieilles maisons séparés par l'antique rue du Ponceau. Le décret ne fut pas exécuté. Un nouvel arrêté, le 23 août 1858, en modifia la teneur et décida de la suppression des deux îlots et de la création, à leur emplacement, d'un square destiné à recevoir le nom de square des Arts-et-Métiers.

Cette métamorphose d'une partie très ancienne de Paris s'effectua en 1863. Les propriétés de la rue Saint-Martin numérotées 295, 297, 299, 301, 303, 305, 307, 309, 311, 313, celles de la rue du Ponceau numérotées 25, 27, 29 furent expropriées et démolies. Quatre rues entourèrent le terrain ainsi obtenu: la rue Saint-Martin et le boulevard de Sébastopol d'une part, la rue Papin et la rue Salomon-de-Caus d'autre part.

Les journaux de l'époque sont unanimes à louer le square des Arts-et-Métiers, "le premier des squares parisiens qui soit dessiné à la française, le plus brillant de ces centres de végétation qui concourent à la fois à l'embellissement et à l'assainissement de la capitale". Ils décrivent ses allées régulières plantées de marronniers, ses deux bassins avec leurs jets d'eau, leurs motifs de décoration, leurs figures allégoriques : L'Agriculture et l'Industrie, de Gumery, Le Commerce et les Beaux-Arts, d'Ottin; sa colonne centrale en granit du Jura, élevée à la gloire de l'armée d'Orient, surmontée d'une Victoire, de Crauk, et ornée de boucliers en pierre de l'Echaillon sur lesquels sont gravés ces noms fameux: Alma, Inkermann, Tchernaïa, Sébastopol; sa balustrade en pierre de Saint-Ylie, où des coupes de bronze alternent avec vingt candélabres munis d'appareils ovoïdes en émail, "inventés par M. Pâris à l'instar de ceux du parc Monceau et conformément au système en usage place de la Concorde et avenue des Champs-Elysées, depuis le 15 août 1863"; enfin, ses élégants pavillons, occupés par les marchands étalagistes.

Aujourd'hui, cette admiration est tombée. L'expérience a démontré pour les squares la supériorité du dessin anglais sur le dessin à la française. Le square des Arts-et-Métiers, avec ses maigres ombrages et ses espaces découverts, n'offre pas aux promeneurs l'abri désiré au milieu de l'un des quartiers des plus mouvementés de Paris. Cependant, il est envahi l'après-midi par une foule d'enfants sortis des bicoques de la rue Saint-martin, des ruelles sombres qui relient cette dernière à la rue du Temple et qu'amènent là des grand'mères en tablier de cotonnade, raccommodeuses de bas, tricoteuses de maillots et châles de laine. - Sur les bancs, se coudoient des flâneurs absorbés dans la lecture des journaux, des dormeurs épuisés de fatigue, des désoeuvrés de mine suspecte. Et, devant cet "espace libre" où vient respirer, prendre un peu de repos, oublier les soucis d'une vie besogneuse toute une population laborieuse ou misérable, se dresse la façade rose du théâtre de la Gaîté.

Extrait de Les Jardins et les Squares, Robert Hénard, 1911.

 


 
Une fontaine Wallace se trouve dans le square.

 
 
Face au conservatoire se trouve un buste de l'ingénieur et inventeur Marc Séguin (1786-1875) par Costa Spourdos (1987).

La rue Marc-Séguin dans le 18ème arrondissement porte aujourd'hui son nom.

 
 
Des bronzes de Charles Gumery (l'Agriculture et l'Industrie) et Auguste Ottin (Mercure et la Musique) ornent le centre des bassins.
 
 
Une colonne en granit du Jura commémore les victoires françaises de la guerre de Crimée (Inkermann, Sébastopol, Alma et Tchernaia gravés sur les quatre faces).

 

square Emile-Chautemps - Paris 3ème

© melina - 09/2009

 
square Emile-Chautemps - Paris 3ème

Le square Emile Chautemps
© Pascal Poggi - 02/2013

 
square Emile-Chautemps - Paris 3ème

Le square Emile Chautemps devant la Gaîté Lyrique.
© Pascal Poggi - 02/2013

 
square Emile-Chautemps - Paris 3ème
© melina - 09/2009
 

Suivez parisrues.com sur:

Suivez Paris_rues sur Twitter
Suivez parisrues.com sur Facebook



LaFourchette_web_160x600