Le square Louvois - 75002




  Quatre-Septembre

Avec le square Jacques-Bidault, c'est l'un des deux squares du 2e arrondissement de Paris, l'arrondissement qui compte la plus petite superficie d'espaces verts.

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Le IIe arrondissement ne renferme qu'un seul jardin public, le square Louvois.

Sur son emplacement d'éleva jadis l'hôtel de Louvois, puis, à la fin du XVIIIe siècle, le théâtre des Arts où s'installa l'Opéra, quand il eut abandonné la salle du boulevard Saint-Martin (1794). Le duc de Berry ayant été tué par Louvel le 13 février 1820 dans les circonstances dramatiques que l'on connaît, le théâtre fut fermé et démoli. On relève, dans un projet de loi, en date de 10 juillet 1822, la prescription suivante : "L'emplacement de l'ancienne salle de l'Opéra sera désormais consacré à une place publique, sans qu'il puisse à l'avenir lui être donné une autre destination."

Cependant Louis XVIII, en dépit de cet arrêté, permit l'érection d'une chapelle expiatoire consacrée à la mémoire du prince défunt, à l'endroit où celui-ci avait été assassiné. Une souscription subvint aux frais des matériaux : l'édifice fut commencé, mais, bientôt après, les fonds s'épuisèrent et, au moment de la révolution de 1830, les travaux étaient depuis longtemps suspendus. Les propriétaires voisins réclamaient alors la suppression d'un monument dont la construction risquait de s'éterniser.

Le Conseil municipal de Paris, en séance du 13 août, décida de substituer à la chapelle expiatoire un mausolée en l'honneur des victimes des Journées de Juillet, avec massifs d'arbres, tertre de gazon, bornes-fontaines. Ce nouveau projet ne se réalisa pas.

Le 7 mai 1836, "il fut fait cession à la Ville de Paris du terrain de l'ancienne salle de l'Opéra, à charge de le convertir en place publique et de l'entretenir dans cet état à perpétuité".

La place fut déblayé entièrement et reçut le nom de place de Richelieu. On y mit des arbres et on installa au milieu une fontaine "due aux talents réunis de l'architecte Visconti et du sculpteur Klagmann" et ornée de statues allégoriques de la Seine, de la Loire, de la Saône et de la Garonne. "La fontaine de la place de Richelieu est terminée, dit le Moniteur du 21 octobre 1859, il n'y a plus maintenant qu'à enlever les palissades qui l'entourent..."

En 1859, l'Administration municipale transforma en jardin la place de Richelieu. L'inauguration eut lieu le 15 août, jour de la fête de l'empereur.

"Les deux lignes d'arbres qui s'étendent de chaque côté de la fontaine, sur la rue de Louvois et la rue Rameau, ont été maintenues, dit un journal de l'époque. Les arbres en face de la rue de Richelieu ont été supprimés et ceux qui se trouvaient du côté de la rue Lulli transplantés circulairement pour former un rideau de verdure derrière la fontaine. Une pelouse avec bordure de lierre, quatre massifs de rhododendrons et des bancs à dossier nouveau modèle complètent la décoration."

Cette disposition n'a pas beaucoup varié. Le square Louvois est fréquenté par un public de passage qui donne à sa physionomie un caractère changeant et assez particulier. Le matin, avant neuf heures, on y remarque les lecteurs de la Bibliothèque nationale, qui attendent l'ouverture des salles en déambulant autour de la fontaine. L'après-midi, les porte-faix, les commissionnaires, les garçons-livreurs des grands magasins du quartier s'y arrêtent pour y prendre un peu de repos. A la belle saison, on les voit se succéder et se presser sur les bancs, paresser à l'ombre des peupliers et des marronniers. Il y a quelques années, à l'heure du déjeuner, les ouvrières et les employés de commerce affluaient dans ce carré de verdure, où ils faisaient sur le pouce un joyeux repas. Cornets de pommes de terre frites, assiettes assorties achetées aux charcuteries voisines, sacs de cerises ou de raisins s'étalaient sur les genoux des convives, assis en rond par groupes au bord du gazon et des plates-bandes.

Mais, depuis que se sont multipliés aux alentours les bouillons, les "restaurants pour dames seules" et les crémeries, les midinettes sont de plus en plus rares au square Louvois et l'on n'y trouve guère que de pauvres diables que la nécessité contraint à mettre en pratique la maxime d'Harpagon.

Extrait de Les Jardins et les Squares, Robert Hénard, 1911.

 

 

La fontaine Louvois

La fontaine Louvois - Paris 75002

 

Vue du square Louvois

 

square Louvois - Paris 75002

 

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